Ma 1ère bande
Toujours le fil d'Arianne!
Alors, comme Loulou, je ne vais pas vraiment vous raconter ma 1ère bande, parce que ce serait un peu compliqué, et puis, c'est mon blog, et ce n'est pas de celle-là que j'ai envie de parler. Je vais plutôt vous parler d'un endroit un peu particulier, où pour la 1ère fois peut-être je me suis sentie complètement dans mon élément.
Alors voilà.
Il était une fois une petite fille qui rêvait de faire de la poterie. Mais là où elle habitait, petite, il n'y avait pas de possibilité. Et puis la famille a déménagé. En 2 parties. A l'arrivée, enfin, un atelier! Elle a 9 ans, et pendant quelques années, participe à un cours d'enfant. C'est chouette, les profs sont gentils, attentifs, ouverts. Des potiers, quoi. Puis elle doit changer d'atelier, c'est plus loin et moins bien. Puis elle déménage, et doit encore changer d'atelier. Elle a 13 ans. Mais elle est un peu grande, et le cours du mercredi, le cours des enfants, un peu plein.
Alors les profs (elles sont 2), lui proposent quelque chose d'extraordinaire: venir le jeudi soir au cours des adultes.
Wahou.
Alors, pendant des années, le jeudi, ce sera poterie. Poterie avec des adultes de 13 à... 50 ans au moins, l'âge exact, elle ne l'a jamais su, mais ce qui est sur, c'est qu'il y a des jeunes femmes, et des femmes moins jeunes. Des femmes, seulement des femmes: les hommes ne restent pas bien longtemps dans ce cours; il y a le noyau, mais aussi des arrivées, des départs, toujours accueillis. Des femmes de goûts, de niveau, d'âge, de profil, de personnalité, de parcours différents. Mais ouvertes, camarades, accueillantes, chaleureuses et sans jugement. Et pendant des années, le jeudi soir, le cours commence vers 18h pour les 1ères arrivées, et termine vers... 21h ou 22h, avec pause casse-croûte avec les victuailles apportées par les unes et les autres, les rires, les discussions de fond, la poterie, les tranches de vie, la terre.
J'y ai appris à tourner, à modeler, à émailler, à écouter, à parler, à m'opposer, à grandir, à partager, à recycler (la terre, au moins), à m'exprimer, par le corps, les mains, la parole. Alors, si je fais ce métier aujourd'hui, avec mes mains, c'est certainement grâce à elles, ma bande de potières.